La méthode

Mon procédé d’écriture

Poésie-collage de flux séquentiel : extraire des mots du hasard numérique pour faire jaillir du sens.

Est-ce que le Feedcut est de la poésie générée par une IA ? Non. Chaque poème est écrit à la main, mot à mot, à partir d’un flux capté à un instant donné. Voir les questions fréquentes.

Le laboratoire

Quelques explications

Bienvenue dans mon laboratoire poétique, à la croisée du pixel et du hasard.

Je suis poète et créateur numérique multidisciplinaire, originaire de Québec et établi en Estrie. Mes poèmes naissent de collages de mots captés en séquence dans le flux de mon fil Facebook. Sous cette contrainte dadaïste, le chaos continu de la plateforme se transforme en éclats de sens, en images poétiques et surréalistes.

Ce procédé d’écriture — que j’appelle poésie-collage de flux séquentiel — fait du web une matière vivante de co-création, entre la plateforme, les voix qui l’habitent et ma propre sensibilité intuitive. Cette méthode s’inscrit dans la lignée des collages dadaïstes et des cut-ups de William S. Burroughs, tout en y intégrant la dimension numérique et séquentielle propre à nos environnements connectés.

Chacun de mes poèmes explore la rencontre entre le hasard algorithmique et la résonance intérieure. Je m’inspire de la synchronicité chère à Carl Gustav Jung, en postulant l’existence d’un fil invisible reliant le monde numérique à la part collective de mon inconscient.

Dans cette hypothèse librement non empirique, les mots surgis dans mon flux deviennent les messagers d’un dialogue intérieur ; une tentative de capter, par l’écriture, une vibration de la conscience universelle.

Je restitue ensuite ces poèmes à Facebook sous forme de vidéopoèmes, où la logique du collage se prolonge à travers tous les médiums : collages de mots, collages visuels numériques, collages de boucles et de séquences sonores.

Ensemble, ces fragments composent un espace poétique immersif, où la matière numérique devient chair, souffle et mouvement.

Par cette démarche, je cherche à révéler la part d’humanité qui vibre au cœur de notre monde saturé d’informations, à redonner rythme, beauté et sens aux fragments du numérique.

⟡ Lire aussi mon manifeste artistique ⟡

Le geste

Mon procédé, en quatre temps

On me demande parfois des précisions sur mon procédé d’écriture, que j’appelle « Poésie-collage de flux séquentiel ».

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    Captation

    J’enregistre en vidéo le défilement de mon fil d’actualités Facebook à un moment précis. Ce moment est choisi de façon aléatoire, souvent au lendemain de l’écriture du poème précédent.

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    Extraction

    J’extrais ensuite tous les mots visibles dans un fichier texte. C’est la partie « extraction de données », qui, bien que répétitive, devient un moment méditatif. Je m’imprègne déjà du flux de mots disponibles, dans ce qui deviendra mon bassin fini de mots.

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    Jeu de collage

    Commence alors le jeu. Un jeu d’enfant, où la curiosité et le hasard s’entrelacent. Je survole le fichier et souligne rapidement les mots qui semblent vibrer d’une énergie particulière dans les premiers paragraphes.

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    Écriture

    Ensuite, je tente une première strophe, en sélectionnant les mots dans leur ordre d’apparition. Je ne retourne jamais en arrière : le mot suivant doit toujours venir plus bas dans le texte.

    Je m’accorde le droit :

    • d’accorder les mots et adjectifs en genre ou en nombre ;
    • de modifier un pronom ;
    • d’ajuster un verbe pour la cohérence du temps ;
    • d’ajouter ou modifier des articles et liaisons pour le sens et le rythme.

Une co-création algorithmique

Mon travail repose sur une forme de co-création entre les comptes auxquels je suis abonné, l’algorithme de la plateforme Facebook et ma sensibilité artistique. Chaque poème devient un laboratoire d’exploration de la synchronicité, telle que définie par Carl Gustav Jung : quand le hasard devient signifiant.

Cette matière empruntée soulève forcément la question du droit d’auteur : j’explore cette tension dans l’article Dévaliser Facebook.

Les fondements

Origine et fondements de la méthode Feedcut

Origine du terme « Feedcut »

Le terme Feedcut m’a été communiqué lors d’un atelier organisé par Rhizome en avril 2025. Il a été formulé par Alexandra Saemmer, professeure et chercheuse en littérature et arts numériques à l’Université Paris VIII.

Le mot s’est imposé par sa justesse : feed (le fil, le flux) + cut (la coupe, la découpe). Il désigne un geste simple et puissant : découper consciemment un flux textuel , non pas un texte stable, mais le flux socio-numérique tel qu’il apparaît à un moment donné.

Le Feedcut n’est pas une méthode normalisée. C’est un mot-outil, transmis dans un contexte de création et de recherche, qui appelle des pratiques singulières. Ici, il devient le nom d’un procédé artisanal : une poésie-collage écrite avec le flux, contre l’accélération, et pour faire émerger du sens.

Du flux au geste poétique

Le fil d’actualité est souvent vécu comme un bruit : une succession de fragments, de voix, de publicités, d’images. La méthode Feedcut part d’un renversement : ce bruit peut devenir une matière littéraire. Le geste consiste à prélever, découper et recomposer des fragments de langage pour produire un collage poétique lisible, rythmé, chargé d’images.

Une interprétation située : ma pratique

Dans mon travail, le Feedcut est un acte humain, patient, incarné : je choisis les mots, je respecte leur ordre d’apparition, et je ne reviens pas en arrière. Je m’autorise des ajustements minimaux (accords, articles, liaisons) pour que le poème respire, sans trahir l’esprit de la contrainte.

Poésie, algorithme et synchronicité

Si l’algorithme influence la forme du flux, il ne produit pas le poème. La poésie naît au moment du choix, dans la tension entre hasard et intention. C’est là que surgissent parfois des effets de synchronicité : des rapprochements inattendus, des échos intimes, des images qui semblent “répondre”.

Ce que le Feedcut n’est pas

  • Ce n’est pas une IA qui écrit toute seule.
  • Ce n’est pas un générateur automatique de poésie.
  • Ce n’est pas une juxtaposition aléatoire sans intention.
  • Ce n’est pas un protocole figé : c’est une méthode ouverte, interprétable.

Découvrir des exemples concrets : visionner les vidéopoèmes.

La démonstration

Démonstration du procédé d’écriture

L’outil

Le Feedcut Writer

Pendant mes trente-trois premiers feedcuts, la méthode tenait en deux fichiers texte ouverts côte à côte : le bassin de mots dans l’un, le poème naissant dans l’autre, et un va-et-vient constant entre les deux. Le 13 février 2026, j’ai remplacé ce va-et-vient par un atelier dédié, le Feedcut Writer, où le bassin et le poème se répondent dans une même fenêtre. L’outil n’écrit rien à ma place : c’est un éditeur de texte taillé sur mesure, par et pour un écrivain un peu original.

Vous pouvez en essayer une version ici même, le Feedcut Writer de poche — une édition publique et volontairement simplifiée du logiciel que j’utilise au quotidien, réduite à l’essentiel du geste pour qu’on puisse s’initier intuitivement à l’écriture d’un premier feedcut, sans rien installer.

→ Le récit de sa naissance, en février 2026, est dans le carnet : Naissance du prototype Feedcut Writer.

L’inconscient

L’égo, le bassin de mots et le collage : comment laisser parler l’inconscient dans la poésie feedcut

Qui parle dans le collage ? L’égo du poète, son inconscient, ou la somme des voix du flux collectif qui le traverse ? Je choisis mes mots consciemment, mais cette attirance n’est jamais entièrement volontaire : elle laisse filtrer une mémoire souterraine, un désir qui ne se nomme pas toujours. Le lâcher-prise, ici, ne consiste pas à abandonner le goût, mais à écouter les glissements et les magnétismes entre deux mots.

Lire l’article complet →

Portrait de Franke Feedcut en surimpression, le regard tourné de côté, fondu dans des branches nues, un mur de rouille et un paysage de lac.
Autoportrait. Traitement : Franke Feedcut.

Les questions

Questions fréquentes

Est-ce que le Feedcut est de la poésie générée par une IA ?

Non. Aucun de mes poèmes n’est produit par un modèle de langage. La confusion est compréhensible : il y a un algorithme, il y a des fragments, il y a une forme de hasard. Mais dans la poésie générative, c’est le système qui produit le texte. Ici, l’algorithme choisit seulement ce que je vois défiler. C’est moi qui coupe, qui garde, qui assemble. Le texte est écrit par un cerveau de chair.

Qui écrit le poème, alors : moi ou l’algorithme ?

Le flux fournit la matière, pas le poème. L’algorithme de Facebook décide de ce qui apparaît à l’écran ce jour-là — un hasard que je n’ai pas fabriqué, fait des voix des autres. Ensuite commence le travail : je prélève, j’écarte, je compose, je réécris. Je parle de co-création, mais la part humaine est celle du choix, et le choix est tout.

Est-ce que les mots sont choisis au hasard ?

Non plus. Le bassin de mots, lui, est aléatoire : je ne décide pas de ce que le fil me montre. Mais à l’intérieur de ce bassin, chaque mot est choisi. La contrainte tient à l’ordre : je prends les mots dans leur ordre d’apparition et je ne reviens jamais en arrière. Le mot suivant doit toujours venir plus bas dans le texte. Je m’autorise des ajustements minimaux — accords, pronoms, articles, liaisons — pour que le poème respire.

As-tu le droit d’utiliser les mots des autres ?

Je ne reprends aucun texte d’autrui : je prélève des mots isolés, dispersés dans des dizaines de publications, pour en faire des phrases qui n’existaient nulle part. Le geste appartient à la famille du collage, du cut-up et du sampling, dont l’histoire juridique est balisée. J’explore la question en détail dans l’article Dévaliser Facebook.

⟡ Lire la version longue : questions et réponses sur la méthode Feedcut ⟡